Le cabriolet : de nouveau en vogue ?

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Vente de cabriolets : un retour inattendu

 

Les cabriolets : de nouveau à la mode ?

 

Après avoir connu la gloire à l’aube des années 2000, les cabriolets sont rapidement tombés en désuétude. Pourtant, les voitures décapotables connaissent un second souffle depuis maintenant plusieurs années, celui-ci pouvant d’ailleurs s’intensifier avec la fin annoncée du confinement. De quoi se poser une question : et si le cabriolet était de nouveau en vogue ?

 

Une heure de gloire connue au tournant des années 2000

 

Bien que le premier cabriolet ait fait son apparition durant les années 1930, en la personne de la Peugeot 401 D Éclipse, il faudra attendre 60 ans et la fin des différentes crises économiques pour que cette carrosserie renaisse. C’est d’ailleurs sous l’impulsion de la Mercedes SLK, produite à partir de 2016, que le segment se développe réellement. Si bien que les constructeurs n’attendront pas longtemps pour proposer leur propre modèle, à l’image des Peugeot 206 CC, de la Lexus SC430 ou encore de la Renault Mégane CC. D’environ 10 000 en 1990, le nombre d’immatriculations de cabriolets neufs passera à plus de 47 000 en 2004, année de son apogée. En cumulé, les coupés et cabriolets se vendront même jusqu’à près de 80 000 exemplaires en 2010, grande époque des CC à toit rigide escamotable (1).

 

Depuis, ces véhicules « plaisir » n’ont cessé de voir leurs ventes chuter : entre 2004 et 2015, les immatriculations de cabriolets ont été divisées par 4,2, ne parvenant même pas à atteindre la barre des 11 000 exemplaires commercialisés. Le constat est d’ailleurs similaire si l’on englobe également les coupés, les ventes passant de 80 000 en 2010 à moins de 27 000 en 2015 (1). Bien que les causes de ce désamour soient multiples, le retrait progressif des constructeurs y est certainement pour beaucoup. C’est le cas par exemple de Peugeot, Renault et Volkswagen qui ont respectivement sorti de leur catalogue les 207 CC, 308 CC, Mégane CC et Golf Cabriolet. Un choix avant tout économique, les marques devant réaliser de lourds investissements pour le passage à l’électrique ou préférant se concentrer sur des segments plus rentables, à l’image des SUV.

 

Le retour en grâce des cabriolets

 

Certes, l’engouement autour des cabriolets n’aura duré qu’une petite dizaine d’années, au tournant des années 2000. Depuis 2015, on constate néanmoins un léger regain d’intérêt pour cette carrosserie, caractérisée par son toit rétractable et escamotable. Les ventes de cabriolets ont en effet presque doublé entre 2015 et 2017, permettant d’atteindre plus de 18 000 immatriculations (1).

 

Bien que le segment se soit replié depuis, retombant à 13 000 ventes en 2019, l’intérêt des automobilistes semble s’être renouvelé. Preuve en est, les constructeurs sont nombreux à avoir réinvesti la catégorie des cabriolets ces dernières années, preuve de leur retour en grâce.

  • Fiat 500C : dévoilée en 2009, la Fiat 500C attendra pourtant 2019 pour réaliser sa meilleure année avec près de 4 500 immatriculations. Le constructeur italien semble d’ailleurs croire en sa micro-citadine cabriolet puisque cette variante est proposée sur la 4e génération de la Fiat 500, un modèle 100 % électrique commercialisé depuis l’automne 2020.
  • Volkswagen T-Roc Cabriolet : auparavant, c’était la Golf qui disposait d’une variante cabriolet chez le constructeur allemand. Depuis 2019, c’est le Volkswagen T-Roc, un petit SUV urbain, qui joue ce rôle. Un modèle peu commun, à la croisée des genres, et qui se distingue par sa toile souple et ses 2 portes.
  • BMW Z4 : 3e génération du roadster allemand, la BMZ Z4 a fait son apparition en 2018, et ce, uniquement en version cabriolet. Préfigurée par un concept-car éponyme, la Z4 revient à la capote en toile et propose un style beaucoup plus dynamique et affirmé que par le passé.
  • Mazda MX-5 : bien que sa production ne se soit pas interrompue depuis son lancement en 1989, la Mazda MX-5 a véritablement fait son grand retour en 2015. Élu Voiture mondiale de l’année 2016, le cabriolet séduit par ses lignes plus aérodynamiques que jamais et ses belles performances (jusqu’à 219 km/h).
  • Mini Cabriolet : pour sa 4e génération, dévoilée en 2016, la Mini s’est une nouvelle fois offert une déclinaison cabriolet à laquelle a participé le préparateur John Cooper Works. Résultat ? Une micro-citadine décapotable de 231 chevaux au maximum, capable de réaliser le 0 à 100 km/h en 8,8 secondes.

 

Un marché de l’occasion qui connaît un second souffle

 

Si ces nouveaux modèles redynamisent le segment, nous aurions toutefois tort de penser que les stars des années 2000 ont totalement disparu. Pour preuve, le marché de la seconde main regorge de cabriolets emblématiques, de nouveau prisés par les automobilistes et les amateurs de véhicules anciens.

  • Mercedes SLK : certes, il sera difficile de trouver la version de 1996. En revanche, la 2nde génération (produite entre 2004 et 2010) et la 3e génération (de 2011 à 2016) offrent de nombreuses possibilités. Un choix d’autant plus judicieux que la Mercedes SLK, réputée pour sa belle mécanique, se montre toujours aussi fiable au-delà des 150 000 kilomètres au compteur.
  • Peugeot 206 CC : produite de 2000 à 2007, la Peugeot 206 CC s’est écoulée à près de 370 000 exemplaires, au point de s’accaparer même 75 % des ventes de la catégorie en France à cette époque. Autant de modèles qu’il est désormais possible de retrouver sur le marché de la seconde main à des prix défiant toute concurrence.
  • Lexus SC430 : avec ses 286 chevaux et sa vitesse de pointe de 250 km/h, le cabriolet sportif deux portes reste une valeur sûre, encore aujourd’hui. Produite entre 2001 et 2010, la Lexus SC430 n’a d’ailleurs pas pris une ride, en atteste son style élégant et son intérieur luxueux.
  • Renault Mégane CC : disponible sur les 3 premières générations de la compacte française, la version cabriolet de la Renault Mégane a moins bien vieilli que ses concurrentes. Elle constitue néanmoins une alternative à prix réduit et avec 4 vraies places, d’autant plus intéressante si elle dispose du pavillon basculant en verre.
  • Alpine A110 : les amateurs de véhicules de collection ne pourront pas non plus passer à côté de l’Alpine A110, produite entre 1962 et 1977. Ultra puissant pour l’époque, le cabriolet reste rare sur le marché de l’occasion, mais ô combien recherché.

 

Cabriolet d’occasion : un achat qui ne doit rien au hasard

 

Comme pour n’importe quel véhicule, a fortiori d’occasion, un certain nombre de vérifications d’usage s’imposent lors de l’achat d’un cabriolet (carnet d’entretien, compteur, fuites, freinage, etc.). Toutefois, certains points spécifiques aux modèles découvrables méritent toute votre attention afin de faire le bon choix.

  • La capote : contrairement à la capote en toile, le toit rétractable vous permet d’utiliser votre véhicule plus facilement tout au long de l’année, quelle que soit la saison. Si vous préférez malgré toit un modèle en toile, notamment en raison d’un prix inférieur, assurez-vous que celui-ci est bien étanche, en le passant sous un tunnel de lavage auto par exemple.
  • L’habitacle : il est important de s’assurer qu’il n’y a aucune trace d’humidité sur les sièges ou la moquette, signe d’un défaut d’étanchéité. Profitez-en aussi pour vérifier l’état de l’éventuelle capote en toile, tout particulièrement au niveau des plis.
  • Le système d’ouverture : prenez le temps de regarder l’armature métallique de la capote, celle-ci ne devant pas présenter de déformation, ni de rouille. Ouvrez et fermez également la capote ou le toit afin de vous assurer que le mouvement se fait de façon fluide, sans accrocher.
  • La sécurité : avec les modèles à toit électrique, le système doit empêcher toute ouverture ou fermeture au-delà d’une certaine vitesse. Durant votre essai routier, vérifiez que celui-ci fonctionne correctement et que les voyants de contrôle sont bien opérationnels.

 

(1) Source : Mais où sont passés les coupés et les cabriolets ? – L’Argus – 2019

 

CE QU’IL FAUT RETENIR

  • Véritables stars des années 2000, les cabriolets ont progressivement disparu des catalogues des constructeurs, avant de revenir en force depuis maintenant quelques années.
  • La Fiat 500C, la BMW Z4 et le Volkswagen T-Roc Cabriolet incarnent le renouveau de cette carrosserie, chacun sur un segment spécifique (micro-citadine, roadster et SUV).
  • Plusieurs modèles d’occasion méritent le coup d’œil, à l’image de la Mercedes SLK, de la Peugeot 206 CC et de la Lexus SC430.
  • Avant d’acheter un cabriolet d’occasion, vérifiez scrupuleusement sa capote ou son toit : système d’ouverture, étanchéité et sécurité. 

 

LE POINT DE VUE DE LAURIE

« Alors que l’été 2021 s’annonce très chaud, les cabriolets pourraient faire un retour en force inattendu. Il faut dire que nous sommes nombreux à vouloir prendre l’air après tous ces mois de confinement et de restriction des déplacements. »

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