Renault 2022 : limitation à 180km/h pour les prochains véhicules, et abandon total du diesel

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Quelle est la nouvelle stratégie de Renault pour 2022-2025 ?

 

Renault : une nouvelle stratégie ambitieuse pour 2022-2025

 

Depuis l’intronisation de son nouveau directeur général Luca de Meo en juillet 2020, Renault multiplie les annonces pour dévoiler sa nouvelle stratégie à moyen terme. Limitation de la vitesse, nouvelles technologies de sécurité, abandon du diesel, essor de l’électrique ou encore développement de la mobilité partagée : autant d’objectifs qui préfigurent les nouvelles ambitions du groupe tricolore pour 2022 à 2025.

Une vitesse bridée à 180 km/h dès 2022

 

À l’occasion de l’assemblée générale de Renault, organisée le 23 avril dernier, Luca de Meo a confirmé ce que beaucoup présentaient : la vitesse des futurs modèles Renault et Dacia sera plafonnée à 180 km/h au maximum. L’enjeu ? Renforcer la sécurité routière, la vitesse étant à l’origine de plus d’un tiers des accidents mortels comme l’a expliqué le directeur général de la marque au losange. C’est d’ailleurs la nouvelle Mégane électrique, attendue pour 2022, qui appliquera la première cette annonce puisque sa vitesse sera bridée à 160 km/h. N’ayant pas été mentionnée, la marque Alpine ne devrait donc pas, pour sa part, être concernée.

 

Une initiative qui n’est d’ailleurs pas sans rappeler celle de Volvo. Dès 2019, le constructeur suédois avait en effet annoncé que la vitesse de tous ses véhicules serait aussi bridée à 180 km/h, et ce, dès 2020. Bien qu’allant dans le bon sens, cette annonce ne devrait cependant pas avoir une grande utilité à en croire différents observateurs, dans la mesure où la vitesse maximale autorisée en France est de 130 km/h. Pour Anne Lavaud, déléguée générale de l’association Prévention Routière, le véritable combat de Renault aurait dû être de déployer le Lavia dès à présent. Il s’agit d’un dispositif qui permet au véhicule d’adapter automatiquement sa vitesse en fonction de la limitation dans la zone où il circule, sans possibilité pour l’automobiliste de le désactiver (1).

De nouvelles technologies pour renforcer la sécurité

 

À défaut du Lavia, le groupe Renault devrait déployer à partir de 2022 un régulateur de vitesse automatique, baptisé « Safety coach », toujours dans l’optique de lutter contre la mortalité routière. Une nouvelle fois, c’est la future Mégane électrique qui devrait baptiser ce système. À en croire Luca de Meo, le régulateur devrait être réglé par défaut et bridé à 160 km/h. Il permettra d’ajuster la vitesse en fonction de la vitesse autorisée, détectée par le véhicule grâce aux panneaux de signalisation et aux données de géolocalisation. Le dispositif devrait aussi tenir compte d’autres paramètres pour réguler la vitesse, dont la nature du tronçon (virage dangereux, rond-point, etc.) et la météo. Proposé en partenariat avec les compagnies d’assurance, le « Safety coach » vise à inciter les automobilistes à adopter une conduite plus sûre, pouvant leur permettre – selon toute vraisemblance – de voir leurs cotisations d’assurance diminuer.

 

Toujours dans le cadre de l’assemblée générale, Renault a également annoncé l’introduction de nouvelles technologies pour renforcer la sécurité des automobilistes et des autres usagers de la route.

  • Safe guardian : grâce à des capteurs, ce dispositif est en mesure de détecter si les mains du conducteur ne sont plus sur le volant. Dans cette situation, la voiture se met automatiquement en sécurité.
  • Safety score : cette fonction devrait permettre d’analyser les données de conduite grâce à différents capteurs, dans l’optique d’identifier les mauvaises habitudes du conducteur (écart de trajectoire, vitesse inadaptée, etc.).
  • Rescue Code : il s’agit d’un QR Code, installé sur les véhicules à partir de 2022, qui a pour objectif de faciliter l’intervention des secours en cas d’accident, notamment en indiquant l’emplacement des batteries.

L’abandon du diesel programmée pour 2025

 

Si le débat sur le diesel est toujours vif parmi les automobilistes, la question semble avoir été réglée du côté de Renault. Depuis septembre dernier, le groupe réduit en effet progressivement sa gamme de motorisations fonctionnant au gazole, en écho à l’introduction de la norme Euro 6d full. Les effets de cette décision sont déjà palpables : les versions diesel du Renault Scénic et du Captur ne sont plus produites depuis la fin de l’année dernière. Le premier modèle devrait d’ailleurs définitivement disparaître du catalogue, tandis que le second devrait progressivement s’orienter vers de l’hybride et de l’hybride rechargeable. Les Renault Clio et Kadjar, pour leur part, verront leur gamme de moteurs diesel être limitées à un seul exemplaire, dont la commercialisation est attendue pour septembre 2021. Même son de cloche pour les Renault Mégane, Talisman et Koleos, ces modèles n’offrant plus le choix qu’entre une ou deux motorisations diesel. Dans le même temps, plusieurs nouveaux modèles du groupe ne proposent déjà plus aucune version diesel, à l’image du Renault Arkana et de la nouvelle Dacia Sandero.

 

Selon toute vraisemblance, Renault ne devrait d’ailleurs pas investir dans le développement d’un nouveau moteur diesel. En cause ? La future norme anti-pollution Euro7, votée à l’automne 2021, qui devrait obliger les constructeurs à opérer d’importantes modifications sur leurs blocs thermiques pour être en règle. Le groupe a même annoncé vouloir sortir définitivement du diesel d’ici 2025.

 

L’abandon annoncé du diesel n’a rien d’anodin pour Renault, le constructeur souhaitant basculer très rapidement vers une gamme électrifiée et hybride. Il faut dire que l’avenir du parc automobile semble être au 100 % électrique à moyen terme, dans la mesure où tout concoure à la fin des motorisations thermiques : obligation de produire des véhicules moins polluants, restrictions de circulation en ville, durcissement du malus écologique, etc. Lors de la dernière assemblée générale du groupe, Luca de Meo a d”ailleurs annoncé des objectifs ambitieux : l’hybride et l’électrique représenteront 65 % des ventes en 2025, puis 90 % dès 2030 (2). Preuve de cette ambition, parmi les 14 nouveaux modèles Renault commercialisés d’ici 2025, 7 seront 100 % électriques.

Renaulution : une nouvelle stratégie orientée mobilité électrique

 

Réduction de la vitesse, fin du diesel et essor de l’électrique ne sont toutefois pas les seules ambitions du constructeur tricolore. En janvier dernier, Renault a en effet annoncé vouloir prendre une nouvelle orientation stratégique, baptisée « Renaulution ». L’objectif ? Devenir un précurseur des nouvelles mobilités dès 2025, tout en améliorant ses performances financières. Pour cela, plusieurs grands axes de travail ont été identifiés par le groupe automobile (3).

  • La rationalisation de la production : pour réduire ses coûts, le groupe a annoncé diminuer son nombre de plateformes (passant de 6 à 3) et de familles de moteurs (8 à 4). L’ambition est également de réduire le temps de production d’un nouveau modèle d’une année complète, dans l’objectif de répondre plus rapidement aux nouvelles attentes. Enfin, Renault souhaite produire des véhicules plus durables sur la base du projet « Un million de kilomètres », visant à augmenter la durée de vie des véhicules grâce à des mises à jours techniques et esthétiques tout au long du cycle de vie.
  • L’essor de la mobilité partagée : dans les mois qui viennent, Renault compte créer une nouvelle marque dédiée à l’auto-partage de véhicules électriques, baptisée Mobilize. Ce service devrait être tourné autour de 4 nouveaux modèles, dont les noms pourraient être Duo, Bento, Limo et Hippo. Preuve de l’importance de cette nouvelle orientation, le groupe estime que cette activité servicielle devrait représenter plus de 20 % de son chiffre d’affaires en 2030.
  • Un virage sportif : la marque Alpine devrait incarner l’avant-garde du groupe Renault dans les années à venir. Celle-ci doit devenir à la pointe de l’innovation et des performances sportives, notamment via la création d’une écurie de Formule 1 et le développement d’une nouvelle gamme de véhicules sportifs 100 % électriques, dont une version inédite de la célèbre Alpine A110.
  • L’électrification de toute la gamme : la marque Renault porte la volonté de « verdir » le catalogue du groupe, notamment grâce à ses nombreux modèles électriques inédits, le développement de la technologie hybride e-Tech et la commercialisation future de véhicules utilitaires à hydrogène. Mais ce virage est également pris par Dacia, le constructeur devant lui aussi étoffer sa gamme de motorisations hybrides et alternatives, tout en restant sur une logique low-cost. La future Dacia Spring est d’ailleurs l’illustration de cette volonté, elle qui devrait devenir la citadine 100 % électrique la plus abordable en Europe.

 

Sources :

(1) Nouvelles voitures Renault bridées à 180 km/h : “La mesure en elle-même ne va pas servir à grand-chose”, objecte la Prévention routière – FranceInfo – 2021

(2) Renault : Investissement minimal pour le dernier moteur diesel du groupe – La Tribune – 2021

(3) Renaulution : tout savoir sur notre plan stratégique – Renault – 2021

CE QU’IL FAUT RETENIR

  • Dès 2022, la vitesse des nouvelles Renault et Dacia sera limitée à 180 km/h.
  • Le groupe ne produira plus de voitures diesel à partir de 2025.
  • Renault va accélérer le développement de sa gamme électrique.
  • Une nouvelle offre de mobilité partagée, baptisée Mobilize, devrait être lancée dans les mois qui viennent.

LE POINT DE VUE DE LAURIE

 

« En faisant le choix de l’électrification et de la mobilité partagée, Renault ne semble pas se tromper, tant ces deux axes devraient incarner le futur de l’automobile à moyen terme. Une seule question reste néanmoins en suspens : les automobilistes sont-ils prêts à suivre Renault dans ce virage à 180° ? »

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