Un limiteur de vitesse obligatoire dès le 1er juillet 2022 sur les voitures neuves en Europe

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L’Union Européenne a approuvé la mise en place d’un limiteur de vitesse pour l’ensemble des véhicules neufs. Ce système a pour objectif de permettre aux automobilistes de réguler la vitesse et de respecter les limitations. 

Un nouvel outil pour brider les véhicules risque de bousculer la vie des automobilistes. À compter du 1er juillet 2022, chaque voiture neuve sera équipée de l’AIV (pour Adaptation Intelligente de la Vitesse, ou Intelligent Speed Assistance en anglais). Ce dispositif permettra d’avertir le conducteur et même de réduire la vitesse du véhicule en cas d’excès. 

Le 17 novembre dernier, suite à un vote du Parlement de 2019, la Commission européenne a donc approuvé la mise en place de ce limiteur de vitesse. L’objectif est de réduire drastiquement la mortalité sur les routes. L’Europe a même pour ambition d’arriver au zéro mort sur les routes en 2050. 

Le dispositif AIV devra équiper les nouveaux modèles introduits sur le marché européen à partir de juillet 2022. Il deviendra obligatoire pour toutes les voitures neuves qui seront vendues à compter de juillet 2024”, indique la Commission européenne. Toutefois, elle précise que les véhicules déjà commercialisés avant cette date ne seront pas concernés.

Ce limiteur de vitesse sera installé sur toutes les voitures, mais également sur les utilitaires et les poids lourds.

Comment l’AIV fonctionne-t-il ? 

Sur le papier, l’outil s’avère être assez proche des fonctionnalités déjà proposées sur nos véhicules. À l’aide d’une caméra installée en haut du pare-brise, les panneaux de limitation sont lus et comparés à la localisation du véhicule grâce au GPS. Si le conducteur roule trop vite, des signaux lumineux et sonores l’alertent dans un premier temps. 

Si quelques instants plus tard la vitesse reste la même, le système intervient afin de réduire la puissance de propulsion en rendant la pédale d’accélération plus résistante.  “Elle ramènera doucement le pied du conducteur afin de le sensibiliser et de l’aider à ralentir. Il pourra ignorer ce retour d’information et passer outre le système en appuyant plus durement sur la pédale d’accélérateur”, a précisé la Commission européenne.

Le dispositif pourra-t-il être désactivé ? 

Comme pour les systèmes d’aides à la conduite disposés sur les voitures actuelles, l’AIV pourra être désactivé. En revanche, ce limiteur de vitesse sera actif à chaque démarrage du véhicule. 

La mortalité routière dans le viseur 

L’objectif principal de ce système est de réduire considérablement la mortalité routière. En 2020, 2 780 personnes sont décédées des suites d’un accident de la route en France, contre 3 244 en 2019. Grâce à l’AIV, la Commission européenne espère une baisse de 20 à 30% de tués et ainsi, atteindre le zéro mort sur les routes européennes d’ici à 2050.

Qu’en est-il de la protection des données ? 

Toutefois, pour certaines associations, ce dispositif pose problème. Par exemple, la Ligue de défense des conducteurs, avertit sur l’utilisation des données. En effet, elle craint que les informations récoltées ne soient utilisées contre les automobilistes. “Elles seront anonymisées mais elles pourront toujours être identifiées. Avec la crainte qu’elles soient utilisées par les autorités ou les assurances en cas d’accident, notamment contre les conducteurs qui auront désactivé le système”, a déclaré Alexandra Legendre, porte-parole de la Ligue de défense des conducteurs.

Cependant l’arrivée de ce système a été qualifié comme “une aide à la conduite supplémentaire dont on ne doit pas avoir peur aujourd’hui car elle peut éviter de perdre des points de permis” par l’Automobile club association (ACA).

D’après Yves Carra, le porte-parole de l’ACA, les aides à la conduite doivent être expliquées à chaque automobiliste afin de comprendre leur fonctionnement. “Il faut apprendre à utiliser ou à conduire avec ces aides. Or il n’y a pas assez de formation sur ce point auprès des acheteurs ou lorsque des gens prennent une voiture de location. Difficile alors d’avoir 100% confiance au volant”, explique-t-il. 

Enfin, la fiabilité risque également de poser problème. L’installation d’un tel système pourrait être dangereux pour certains automobilistes. Les experts estiment que la plus grande faille de ce limiteur de vitesse réside dans les “vitesses implicites », c’est-à-dire, les tronçons de route sur lesquels les panneaux n’apparaissent pas forcément immédiatement. 

Dans ce cas, l’AIV pourrait se mettre en défaut et ainsi freiner le véhicule sans raison. L’Union Européenne continue de tester le système dans des conditions extrêmes afin de garantir la sécurité des conducteurs. 

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