BMW X1 – Range Rover Evoque : la raison ou la passion ?

Écrit par Laurent Zilli le 11 juillet 2022
BMW X1 – Range Rover Evoque : la raison ou la passion ?

Avec le X1 et l’Evoque, BMW et Range Rover ont mis dans le mille. Ils ont su séduire une très vaste clientèle, notamment féminine. Aujourd’hui, ils se mesurent l’un à l’autre sous l’œil de Reezocar.

 

Les SUV compacts premium ont le vent en poupe. Même les crises successives n’y changent rien. D’un côté, nous avons un cador de la catégorie avec le BMW X1, qui n’a plus rien à prouver. De l’autre, nous avons l’outsider Range Rover Evoque, dont la première génération fut un très agréable choc visuel. Que le combat commence !

Le concept : élargir vers le bas

On peut le dire : aucun constructeur n’a bouleversé le marché comme BMW, puisque même si Mercedes fut le premier constructeur haut de gamme à lancer un SUV, c’est le succès du X5 qui a donné des idées à tous les autres. Depuis, la gamme SUV bavaroise s’est massivement développée. Dans celle-ci, le X1 avait pour mission de mettre à la portée du plus grand nombre (façon de parler) ce qui avait fait le succès du grand frère : un look charismatique, et un certain sens pratique associé aux valeurs sportives de la marque. Dont acte.

Face à celui qui veut populariser le SUV haut de gamme, son inventeur : Range Rover. Longtemps seul sur son olympe automobile, le Range Rover s’est un jour penché vers le bas, et a vu qu’il avait quelque chose à y faire. Ainsi naquit le Range Rover Sport. Puis, il vit que plus bas encore, il y avait aussi des places à prendre. Et ce fut au tour du Range Rover Evoque de voir le jour, portant en lui ce qu’on ne peut dissocier de Range Rover : de la classe, une version moderne du luxe british et, le cas échéant, de véritables capacités tout-terrain.

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Le look
L'Evoque a marqué une superbe rupture stylistique chez Land Rover, qui inspire maintenant le reste de la gamme. Le X1, lui, a tous les codes stylistiques BMW, avec une calandre qui, sur ce modèle, reste mesurée.

Le design : l’athlète et l’artiste

Comme de juste, BMW a offert ses traits familiaux caractéristiques au X1. Les lignes se veulent imposantes malgré le gabarit finalement assez modeste (4,45 m de long pour la génération actuelle), les épaules sont solides, tandis que le visage met en avant un regard un brin agressif, et bien sûr les « haricots » traditionnels de la marque. Suivant la tendance (souvent polémique) de ces dernières années, ces haricots ont pris en importance sur la seconde génération par rapport à la première, mais ne sont pas encore aussi démesurés que sur les BMW les plus récentes. Quoi qu’il en soit, le X1 dégage ce qu’on attend de Munich, fief de BMW : du dynamisme et de la sportivité.

Chez Land Rover, l’Evoque a marqué un tournant en termes de design. Rappelons en effet que c’est avec la première génération qu’est apparu le style très lissé, comme un galet poli par le temps, qu’on retrouve depuis sur tous les modèles de la famille Range. Et c’est cela qui a fait mouche auprès du public. L’Evoque était (et est toujours) comme une sculpture roulante, un objet de design qu’on ne pose pas en vitrine, mais dans lequel on peut voyager. Sans aucun doute, le design est l’argument numéro un du Range Rover Evoque. Preuve finale : il est décliné en version « coupé » 3 portes encore plus sexy, et même en cabrio (première génération uniquement) aussi exotique que bien réalisé.

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Ambiance à bord
Chez BMW, on vise la qualité perçue alors que dans le Range Evoque, on entre dans un cocon luxueux.

La vie à bord : radicalement différents

Les deux véhicules ne pourraient afficher des philosophies plus différentes, toutefois unies par un même concept : une certaine idée du luxe. Dans le BMW, ce qui prime est la qualité perçue. Même si tout n’est pas habillé de cuir, on comprend que les matériaux utilisés sont du plus haut niveau, et que la précision d’assemblage est millimétrique. C’est le cas, pour les deux générations du X1. Pour ce qui est de la présentation, c’est du BMW : assez strict, une place pour chaque chose, chaque chose à sa place, et lisibilité optimale de la moindre information, de la moindre commande.

Le Range Rover Evoque cherche plus à caresser l’œil, avec un design plus inspiré et disons même plus contemporain. Là, au contraire, le cuir est la matière privilégiée, et il est indéniable qu’il en résulte une ambiance à bord bien plus luxueuse. C’est dans un cocon haut de gamme qu’on se trouve. Mais, et c’est surtout vrai pour la première génération, les obsessionnels de la rigueur germanique trouveront facilement dans l’Evoque matière à critique en termes de qualité absolue. Question de priorité pour qui choisit l’un ou l’autre véhicule. Ne dit-on pas qu’un des charmes des voitures anglaises est leur imperfection ?

Un SUV, même compact, ayant à priori une vocation familiale, se doit d’être pratique. Qu’on parle du X1 ou de l’Evoque, tous deux ont fait des progrès dans ce domaine entre la première et la seconde génération. Ils ont grandi, et leur espace arrière a fait de même, passant de « un peu juste » à la première tentative à « c’est mieux mais pas encore fantastique » à la seconde. En clair, si c’est pour emmener une famille que vous vous intéressez à ces véhicules, préférez les générations actuelles. Remarque supplémentaire pour l’Evoque Coupé (première génération) : en raison des deux portes seulement, il n’est en plus pas follement aisé d’accéder aux places arrière.

Sur le plan technologique, les deux rivaux sont en équilibre. Ou presque. Impossible de les départager du côté des systèmes multimédia, aussi complets et connectés d’un côté que de l’autre. C’est plus intuitif chez BMW, mais plus agréablement présenté chez Range Rover, surtout depuis la seconde génération, qui présente un second écran tactile sous le premier, pour le paramétrage de certaines fonctions. Très classe. Idem pour les aides à la conduite, toujours au top de ce qui se fait actuellement, marques haut de gamme oblige. Mais… le Range Rover Evoque prend l’avantage grâce à son nom. Car si l’on opte pour une version 4×4, on a droit aux assistances dédiées à la conduite hors-piste qui, sans faire de l’Evoque un candidat à l’exploration en milieu hostile, lui offrent tout de même des capacités réelles.

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Volume de coffre
Si on ne rabat pas les sièges, le coffre de l'Evoque est plus généreux : jusqu'à 591l contre 500l pour le BMW. Mais une fois les sièges rabattus, la tendance s'inverse.

Les motorisations : le plus puissant n’est pas celui qu’on croit

Au cours de sa carrière, le X1 a été celui qui a le plus tenté d’intéresser un public large, avec des moteurs essence et Diesel de moins de 130 chevaux (ch), et même 116 ch pour le Diesel de base. Mais la norme du marché est plutôt de 150 à 180 ch, avec évidemment des mécaniques allant jusqu’à 230 ch, car on est BMW ou on ne l’est pas. Depuis 2020, le X1 est aussi disponible avec une proposition essence hybride rechargeable, forte de 220 ch. C’est la 25e, qui remplace depuis la 25i au sommet de la gamme. Et pour compléter le portrait, rappelons que le X1 existe tant en transmission avant sDrive, que 4×4 xDrive.

De son côté, le Range Rover n’est jamais descendu sous les 150 ch, que ce soit en essence ou en Diesel. Il est même allé jusqu’à 240 ch en essence, histoire de vraiment chatouiller les puissances maximales du BMW. Il va encore plus loin depuis la seconde génération, avec jusqu’à 240 ch en Diesel, et 300 ch en essence. Lui aussi a adopté la motorisation hybride rechargeable en 2020, avec l’Evoque P300e qui revendique… 300 ch. Enfin, ça peut étonner, mais il faut savoir que malgré son nom évocateur, le Range Rover Evoque a principalement été vendu en version… deux roues motrices.

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Deux philosophies
Le design sculptural de l'Evoque nous a marqué mais le X1 se défend grâce à l'image de marque BMW.

Le comportement routier : contre les idées reçues

Vous venez de le lire au chapitre précédent, le BMW X1 a été le premier à s’éloigner de la tradition de la marque, celle des roues arrière motrices. En effet, sa base technique est identique à celle du Mini Countryman, qui est de base tiré par ses roues avant. Autant dire qu’on ne doit pas attendre un comportement très typé agressif en conduite engagée. Cela étant, les ingénieurs BMW ont tout de même créé un châssis redoutablement compétent, qui tient remarquablement la route et donne envie d’y aller. C’est encore plus le cas avec la transmission 4×4, puisque les roues arrière aident à garder encore mieux une trajectoire parfaite. Soulignons d’ailleurs qu’elle ne sert qu’à ça, les aptitudes tout-terrain du X1 se limitant à se tirer d’affaires sur la neige ou dans un peu de boue. Il vaut aussi mieux savoir que le X1 ne brille guère par son confort car l’amortissement ferme a été choisi pour privilégier le sentiment de sportivité.

De son côté, le Range Rover Evoque nous a bluffés dès le début. Soyons clairs : il est certes moins incisif que le BMW en conduite sportive, et offre moins de ressenti avec sa direction. Mais il est tout de même loin d’être ridicule au jeu de la comparaison. L’agilité et le dynamisme dont il sait faire preuve étaient à sa naissance inattendues de la part d’un constructeur dont ce n’est pas la spécialité. Et cela vaut pour la version cabriolet, dont la carrosserie ne se tord pas en virage comme on pourrait le craindre. Remarquable ! D’autant que chez Range, on a réussi tout cela tout en conservant un confort digne de ce nom. Pas du ouaté comme dans le vrai Range Rover évidemment, mais du vrai confort quand même. Et bien sûr, quand l’Evoque est équipé d’une transmission 4×4, ce n’est pas que pour la route. Grâce aux aides électronique réunies dans le système « Terrain Response » de Land Rover, qui permet de régler une foule de paramètres mécaniques en fonction du terrain (sable, rochers, sol glissant, etc.), l’Evoque est capable de faire honneur à son nom. Finalement, son seul handicap en conduite tout-terrain, c’est sa garde au sol insuffisante

Reezocar a adoré

  • L'image de marque du X1
  • Sa palette de moteurs plus accessible
  • Le design sculptural de l'Evoque
  • Son ambiance intérieure raffinée

Reezocar a moins aimé

  • La conduite pas assez BMW du X1
  • Son amortissement très ferme (surtout la 1ère génération)
  • L'habitabilité arrière de l'Evoque
  • L'absence de coupé et cabriolet en génération 2

Conclusion

Choisir entre le BMW X1 et le Ranger Rover Evoque, c'est laisser s'exprimer soit la raison, soit la passion. Même s'ils sont nés à peu près en même temps et que le monde du SUV n'a de secret pour aucun des deux constructeurs, l'un est – à juste titre – perçu comme une valeur sûre, tandis que l'autre est une fashion victim, mais qui a de réelles qualités à même d'étonner.

 

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