Dacia Sandero – Citroën C4 : il y a rationnel et rationnel

Écrit par Laurent Zilli le 9 septembre 2022
Dacia Sandero – Citroën C4 : il y a rationnel et rationnel

Chacune à leur manière, Dacia et Citroën jouent sur le terrain du prix. Et si le match est bien sûr inégal sur le marché du neuf, il s’équilibre quand on entre dans le monde de l’occasion.

 

Si on veut dépenser le moins possible pour une voiture neuve, il est clair que le choix de Dacia semble s’imposer, même si à contenu égal, une Citroën est souvent moins chère qu’une concurrente directe. Mais si on vous disait que pour à peu près la même somme, on peut hésiter entre une Dacia Sandero quasi neuve, ou une Citroën C4 d’à peine 2 ans et moins de 30.000 km ? Le choix est-il si vite fait ?

Le concept : chacun sa tradition

Bien qu’elle soit l’une des plus courtes, avec 4,10 mètres de long, la Sandero se classe bien dans la catégorie « familiale compacte« . Ce n’est d’ailleurs pas tant à ses dimensions extérieures qu’elle le doit, mais à un agencement bien pensé, qui lui procure de belles cotes d’habitabilité. Mais l’idée majeure derrière toute Dacia, c’est bien sûr un prix aussi serré que possible. En cela, la tradition est respectée. Le prix de base d’un modèle neuf est inférieur à 11.000€, mais l’immense majorité des Sandero vendues neuves sont des « cœur de gamme ». Comprenez des voitures mieux équipées, mieux motorisées, et le plus souvent dans la version « Stepway« , au look tendance SUV très séduisant.

En effet, inutile de rappeler que le SUV est le type de véhicule qui balaie actuellement tout sur son passage. Il eût donc été facile pour Citroën de surfer sur la vague, et de se présenter devant la clientèle des catégories « compactes » avec le énième SUV du marché. Sauf qu’on parle de Citroën, et que Citroën n’a jamais fait le énième quoi que ce soit. Comme toujours quand il est au mieux de sa forme, le constructeur a donc choisi sa propre voie. La C4 s’apparente plus à une voiture, mais ne respecte pas pour autant les codes de la compacte. Elle est par exemple perchée un peu plus haut que de coutume, sans pour autant sortir la carte crossover. Mélanger les genres, casser les codes, créer la surprise au premier regard : telle est l’une des traditions Citroën.

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Le concept
Dacia Sandero, petite familiale compacte qui rivalise avec une Citroën C4 qui casse les codes.

Le design : rassurer ou bousculer ?

Le Duster l’avait déjà prouvé : Dacia est capable de proposer des voitures au design moins basique que celui de la première Logan. La nouvelle Sandero enfonce le clou. Dans l’ensemble, ses proportions sont harmonieuses, et faites pour un parfait rapport encombrement/habitabilité. Et c’est dans le détail que la voiture séduit. Ses phares à signature lumineuse LED lui donnent un visage plein de confiance en soi, la partie arrière est aussi très soignée, et dans la version Stepway, avec ses élargisseurs d’ailes, son pare-chocs plus expressif et ses galeries de toit, la voiture a carrément une allure qui pas une seconde ne dit « Low Cost« .

Nous avons beau être fans de Citroën et aimer sa traditionnelle audace stylistique, avouons qu’à la publication des premières images de la C4 courant 2020, quelques mois avant son lancement, nous avons eu un moment d’hésitation. Les designers n’étaient-ils pas allés un peu trop loin ? Possible, mais pas plus qu’avec n’importe laquelle des Citroën les plus emblématiques, qui n’ont pas toutes fait l’unanimité à leur naissance. Et il s’avère que cette Citroën C4 a le malheur de ne pas être très photogénique. Car elle gagne vraiment à être appréciée « en vrai ». Bien sûr, le télescopage des codes de la compacte classique et du crossover, ainsi que quelques détails de la partie arrière, donnent une voiture étonnante qui peut déstabiliser. Mais pour peu qu’on ait des goûts pas trop conservateurs, on finit par apprécier.

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La vie à bord
Dacia réduit la facture sans pour autant négliger la qualité ; Citroën propose tout ce dont on peut avoir envie ou besoin.

La vie à bord : Réels besoins Vs Envie de plus

Nous le disions plus haut, la qualité de base de l’habitacle de la Sandero est d’être spacieux. Les places arrière accueilleront aisément trois vrais adultes sans impression de claustrophobie. Quant au coffre, si ses 328 litres (volume maxi : 1.108 litres) sont un peu justes pour les grandes vacances en famille, il est parfaitement suffisant pour la vie quotidienne.

Mais là où la nouvelle Sandero crée vraiment la surprise, c’est en matière de présentation intérieure. D’abord, sans créer l’extase esthétique, le design n’a plus rien du simplisme trop basique des premières Dacia connues chez nous. Ensuite, la qualité des plastiques progresse, même si c’est toujours là qu’on trouve la justification du prix de la voiture. Il n’y a pas de secrets : de jolis plastiques flatteurs, ça coûte (très) cher. Mais Dacia a la parade. Dans les voitures à finition supérieure, la planche de bord et les accoudoirs de portières sont garnis d’un tissu chamarré aussi agréable à l’œil qu’au touché. Le tissu, une tendance qu’on retrouve même chez certains constructeurs haut de gamme. Ca change complètement l’ambiance à bord, et on a de moins en moins l’impression d’une voiture « bon marché ».

Encore moins si on choisit une Sandero équipée de l’écran central, tactile et couleur bien sûr, de 8 pouces. Là, à nouveau, le constructeur a trouvé comment réduire la facture. On peut bien sûr opter pour un système complet, avec notamment le GPS et le récepteur radio DAB+. Mais on peut aussi se contenter de l’écran, sans les fonctions qui feraient double emploi avec celles que nous avons tous… sur nos Smartphone. Il suffit de connecter celui-ci à la prise USB, et grâce à Android Auto ou Apple CarPlay, toutes les fonctions du téléphone sont accessibles via l’écran de la voiture. Efficace et pas cher : bien vu !

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L'habitabilité
Habitabilité tout à fait honorable pour ces deux modèles.

 

L’habitacle de la C4, c’est du typiquement Citroën, entre références au passé et choix à contre-courant des tendances actuelles. Côté références, on pense au volant, dont l’épaisse branche inférieure nous rappelle les volants monobranche des DS, CX et autres XM par exemple. Il y a la commande de boîte auto, qui se résume à un « bouton tirette », astuce reprise depuis par nombre de modèles des marques sœurs DS, Peugeot et Opel. Pour ce qui est à contre-courant, on se tourne vers le tableau de bord numérique. Alors que le marché mise en général sur des écrans de plus en plus grands, celui de la C4 est de dimensions très compactes, mais suffisantes pour afficher tout le nécessaire, sans le superflu. C’est ça, la différence.

L’habitabilité de la Citroën C4 est tout à fait honorable. La banquette arrière pourra aisément accueillir 3 adultes, sans que personne se sente à l’étroit, ni au niveau de la tête, ni au niveau des genoux. En revanche, avouons une petite déception en ce qui concerne le coffre, du moins pour une voiture ayant des prétentions familiales. La malle annonce en effet 380 litres sous tablette, ce qui est légèrement en-dessous de la moyenne.

Pour ce qui est des technologies embarquées, la C4 est à l’opposé de la Dacia Sandero. Sécurité ou multimédia, elle propose tout ce dont on peut avoir envie ou besoin. Certes, la C4 ne brise ici aucune barrière, mais ce n’est pas là qu’elle prend un coup d’avance sur le plan technique, vous le lirez plus loin.

Et pour terminer, il y a la petite idée qui ne révolutionnera pas l’automobile, mais qui fait plaisir. Face au passager, en plus de la boîte à gant, il y a un tiroir de rangement suffisamment grand pour recevoir une tablette. Tablette que l’on pourra fixer au point d’ancrage escamotable. Ce n’est pas grand-chose, ça n’a rien de vital, mais c’est tellement bien pensé, et tellement « génération connectée » !

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Le coffre
Le coffre de la Sandero est suffisant pour la vie quotidienne, celui de la C4 un peu en dessous de la moyenne.

Le gimmick : brins d’ADN

Ce qu’on retient des deux voitures, c’est leur façon d’exprimer jusque dans certains détails l’ADN de leurs marques respectives. Nous venons de l’évoquer : la solution ultra-économique de l’écran tactile sans « rien derrière » pour Dacia, et la petite idée pas vraiment utile mais qui fait plaisir, à savoir le support de tablette côté passager chez Citroën. C’est anecdotique, mais ça montre que nous avons affaire à des marques qui savent qui elles sont. C’est moins souvent le cas qu’on l’imagine…

Les motorisations : gaz et électricité

Trois motorisations sont disponibles pour la Sandero. En entrée de gamme, un moteur 1.0 litre essence de 65 ch qui, comme la finition strictement de base, n’est qu’exceptionnellement commandée, et que nous ne recommandons guère en dehors d’un usage occasionnel, comme les emplettes du samedi au supermarchédu coin, par exemple. Vient ensuite le moteur 1.0 litre essence turbo, développant 90 ch. Associé en série à une boîte manuelle 6 rapports, il peut aussi l’être en option à une boîte automatique dite « CVT », qui augmente le confort d’utilisation et… réduit la conso. Parfait pour un usage quotidien, entre ville et autoroute. Enfin, la dernière motorisation est très recommandable pour qui roule beaucoup, et surtout par les temps qui courent : le 1.0 turbo 100 ch bicarburant essence et GPL. A noter au passage que l’intégration du GPL est parfaitement réalisée en usine, puisque la voiture reçoit une jauge spécifique dans le petit écran du tableau de bord, ainsi qu’un commutateur qui ressemble à tous les autres boutons de commande de la voiture. Pas de bricolage inesthétique, donc.

La Citroën C4 repose sur une plateforme déjà bien rôdée par les marques de l’ex-branche PSA du groupe Stellantis. On la trouve en effet sous les Peugeot 208 et 2008, les Opel Corsa et Mokka, et le crossover DS 3 Crossback. La C4 partage donc aussi avec elles son catalogue mécanique, dans lequel il ne manque que des solutions hybrides. Tout le reste y est : essence 100 à 155 ch, pour ceux qui ne roulent pas trop et recherchent divers niveaux de performances ; diesel 110 et 130 ch pour les dévoreurs de bitume ; et pour les plus « engagés », la désormais incontournable version 100% électrique. Dans l’ë-C4, le moteur 136 ch est alimenté par une batterie revendiquant 350 km d’autonomie selon la norme WLTP, plutôt autour de 300 dans la vraie vie. Cette version peut supporter les charges jusqu’à 100 kW, grâce à quoi elle récupère 10 km d’autonomie par minute sur borne rapide. Et bien sûr, il est clair que dans le cadre de ce comparatif, la version électrique est hors concours pour des raisons évidentes.

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Motorisations
Trois motorisations disponibles pour la Sandero ; pour la C4, il ne manque que des solutions hybrides.

Le comportement routier : confort ou confort+

Sur la route, on sent très clairement que la vocation de la Dacia Sandero est le confort. Entre ses amortisseurs bien dosés et ses pneus de bonne taille, elle parvient brillamment à ne pas transmettre la moindre bosse aux occupants. On saluera par ailleurs une insonorisation qui a très nettement progressé par rapport à la génération précédente de la Sandero. Il faut enfin souligner, on l’a mentionné, l’agrément qu’ajoute à tout cela la boîte automatique, surtout dans le trafic. Attention toutefois : si on roule principalement sur des routes sinueuses et montagneuses, cette boîte n’est pas la plus indiquée.

Parce que ce type de moteur n’est pas encore mort, nous avons tenu à essayer une version diesel de la C4, ainsi bien sûr que la ë-C4, car nous ne sommes pas complètement rétrogrades. Dans un cas comme dans l’autre, la principale qualité qui ressort de façon magistrale, est – à nouveau – on ne peut plus Citroën. Et ici, la comparaison avec la Dacia est un peu cruelle. Vous avez deviné : le confort. Et même un confort supérieur. Il est toujours bon de le répéter : c’est une prérogative qu’ont retrouvé toutes les Citroën actuelles, et qui font de chacune une référence en la matière. Des sièges dont la mousse est unique à la marque, à l’amortissement à double butée hydraulique progressive (une exclusivité Citroën), en passant par la douceur de la direction et l’insonorisation, à fortiori en version électrique, la C4 est un pur délice. C’est une caresse ouatée que cette voiture qui ondule sur les mauvais revêtements comme, osons le dire, les voitures d’une célèbre marque allemande étoilée. Ce qui ne signifie pas qu’elle voiture tangue dans les virages comme un paquebot en pleine tempête… ou comme une grande Citroën de la grande époque. Mais il est clair que Citroën a fait un choix très assumé, et que la C4 n’a donc aucune prétention dynamique.

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Sur la route
Le maître-mot pour ces deux modèles : le confort.

Reezocar a adoré

  • Look décomplexé de la Dacia
  • Son habitabilité
  • Le bond qualitatif de son habitacle
  • Confort de référence dans le segment (et au-delà) de la C4
  • Sa qualité de finition
  • Son côté non consensuel

Reezocar a moins aimé

  • Le manque de réactivité de la boîte auto de la Dacia
  • Ses légers bruits aérodynamiques
  • Ses sièges un peu durs
  • Le look peut-être trop spécial de la C4 pour certains
  • Son coffre tout juste dans la moyenne
  • L’accessibilité perfectible à ses places arrière

Conclusion

Pas de discussion possible : si votre budget est (très) inférieur à 20.000€, ce comparatif n’a pas lieu d’être, vous savez déjà vers laquelle vous irez. Mais si ce budget est un peu au-dessus, voire proche des 25.000€, ce que vous venez de lire vous donnera peut-être sujet à réflexion.

 

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