Fiat 500 – Renault Twingo : face à face de références

Écrit par La rédaction le 2 décembre 2022

L’une est née en France et s’est complètement réinventée pour son ultime génération. L’autre est italienne, et préfère ne pas changer une recette gagnante.

Fiat 500 – Renault Twingo : face à face de références

 

Si on vous demande de citer une citadine emblématique, les chances sont grandes que vous citiez l’une de nos rivales du jour… ou même les deux. La Twingo et la 500 sont gravées dans l’inconscient collectif. Et elles l’ont bien mérité.

Le concept : respecter ses valeurs ou tout chambouler

En 2022, la Fiat 500 – pas celle d’aujourd’hui mais l’originelle – a fêté ses 65 ans. Certes beaucoup moins produite que la légendaire Coccinelle, l’Italienne a pourtant marqué les esprits de façon tout aussi durable. Si bien que lorsque Fiat décida d’en lancer une interprétation moderne en 2007, la sauce a pris immédiatement. Il faut dire qu’on était alors dans la vague néo-rétro. Les nouveaux modèles évoquant de façon très « premier degré » d’anciens modèles emblématiques étaient nombreux, comme la Ford Mustang et la VW Beetle pour citer deux exemples. Mais seulement deux modèles ont vraiment visé juste. L’une est la Fiat 500, qui est toujours telle qu’il y a 15 ans, sans autres changements que des détails de finition ou de nouveaux feux arrière, et reste toujours au top des ventes européennes de sa catégorie.

En 2022, la Renault Twingo a fêté ses 30 ans. C’est indiscutablement l’une des voitures françaises les plus marquantes de ces dernières décennies, car quand elle est née, elle a établi de nouvelles références, tant en matière de style que d’habitabilité. Elle était si bien conçue et si populaire qu’elle a vécu 15 ans. La seconde génération a capitalisé sur les caractéristiques originelles. Mais la troisième et actuelle génération, lancée en 2014, a fait table rase du passé. Il faut dire qu’elle a été conçue en partenariat avec Smart, qui était en charge de l’architecture, avec le moteur à l’arrière, sous le plancher de coffre. Résultat ? Une Renault Twingo à la hauteur de sa « légende » de voiture économique, mais aussi quelques sacrifices au passage.

Le design : inspirées par le passé

La Fiat 500 est tout bonnement irrésistible. Avec ses grands yeux ronds, ses formes bubble-gum, ses innombrables teintes classiques ou pastel qui ont varié d’année en année à la façon de collections de mode, ses jantes qui la rendent moderne ou plus rétro encore, ses accessoires chromés disponibles sur demande, la Fiat 500 peut-être personnalisée à l’envie. Son design est hors du temps, non-genré, et survole toutes les classes sociales. Plus que toute autre voiture néo-rétro (que toute autre voiture tout court, en fait), elle est universelle. Et personne ne peut rejeter l’idée d’être vu à son volant. Un chef d’œuvre pur et simple !

Pour sa troisième génération, le look de la Twingo s’éloigne de ce qu’on connaissait jusque-là, notamment du profil presque « monospace » de la partie arrière. En fait, elle semble mélanger les références. Elle a les grands yeux ronds craquants de la Twingo première du nom, mais on identifie aussi des choses d’autres célèbres petites Renault, comme la R5 ou même la 4CV qui, elle aussi, avait le moteur à l’arrière. Et la sauce prend-elle ? Question de goûts. Nous, on l’aime, mais ce n’est pas le cas de tout le monde. Finalement, elle est donc très Twingo, car rappelons qu’en 1992, le design osé de la petite française ne faisait pas l’unanimité.

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Le design
D'un côté, une Twingo qui mélange les références, et de l'autre, une Fiat 500 au style non-genré et qui survole toutes les classes sociales.

La vie à bord : pas pour les joueurs de basket…

La Fiat 500 est tout aussi souriante dehors que dedans. Cela grâce au tableau de bord qui peut être assorti à la teinte de la carrosserie, et à l’omniprésence des rondeurs douillettes. Le gros compteur (surnommé « oreille de Mickey » depuis les origines de la 500), les commandes de climatisation, de radio, les contours de l’écran central, le gros pommeau de vitesse, les appuie-têtes. Là encore, on craque, et on a le sourire dès qu’on s’installe à bord. Et si nous commencions à parler des innombrables séries spéciales et de leurs habillages (Gucci, Diesel, Petite Robe Noire, Dolce Vita, la Riva et son sublime intérieur en cuir blanc et acajou…), on n’en finirait pas. En tout cas, pour ne pas trouver une 500 à son goût, il faut le faire exprès.

Cela étant, dans une voiture de 3,57 m de long, il n’y a pas de miracle : si les places avant sont dans la norme, les places arrière ne sont pas spectaculaires, et le coffre encore moins. Ce n’est d’ailleurs pas la longueur de la voiture qui implique ce fait (certaines voitures de même taille sont plus habitables), mais bien des choix de design. La beauté a parfois un prix. Cela étant, on n’attend pas d’une puce des villes qu’elle accueille toute une famille et le labrador. La Fiat 500 est finalement bien suffisante pour la mission qu’elle accomplit depuis maintenant 15 ans : être une voiture de célibataire, ou une seconde (voire troisième) voiture du ménage.

Là où le miracle n’arrive pas non plus, c’est en matière de technologie. Née il y a 15 ans, la petite Fiat est un peu limitée à ce qui était alors disponible. Par exemple, ne cherchez pas d’aide active au maintien de voie, de surveillance de l’angle mort, ou de régulateur de vitesse avec contrôle de distance. Il n’empêche qu’elle a été régulièrement mise à jour pour s’adapter. Les modèles de ces 5 dernières années donnent par exemple des indications sur les limitations de vitesse là où l’on passe, peut recevoir un récepteur radio DAB+, et son système multimédia est connecté, et compatible Android Auto et Apple CarPlay. Au fil du temps, son écran central a aussi un peu grandi, sans atteindre des dimensions qui défigureraient son si bel habitacle.

Petite parenthèse : toutes ces remarques concernant la technologie ne valent pas pour la toute dernière interprétation de la Fiat 500 : sa version 100% électrique, modèle à part entière sans rien de commun avec la 500 « normale », si ce n’est un design toujours aussi réussi. La Fiat 500e est évidemment au top de la technologie, comme doit l’être toute voiture électrique.

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À bord
À l'intérieur, la Fiat 500 est plutôt ronde et douillette, tandis que la Twingo est plus colorée et ludique.

 

S’il y a une tradition Twingo que respecte l’actuelle génération, c’est celle d’un habitacle coloré et ludique. Des formes rondes, des décorations de teintes vives, et une instrumentation complète mais simple, qui rappellent que la Twingo est avant tout une voiture populaire, humble. Bref, qui que l’on soit, on se sent bienvenu à bord. C’est quand on balaie l’habitacle vers l’arrière que la tradition s’étiole. En effet, la Twingo originelle (et la seconde se défendait très bien aussi) était une merveille de packaging. Dans une voiture de 3,43 m de long, on installait 4 à 5 vrais adultes. Quant au coffre, déjà généreux en configuration normale, il l’était encore plus grâce à la banquette arrière coulissante, qui permettait d’agrandir son volume. Dans la nouvelle Twingo, rien de tout ça. Désormais, elle est dans la norme, avec des places arrière un peu étriquées si on n’est pas un enfant, et un coffre quasiment symbolique, du fait de la présence du moteur sous son plancher. Soyons clairs : la Twingo n’est pas pire que la Fiat dans ces domaines. Mais c’est là qu’elle ne fait guère honneur à son nom…

La simplicité de la Twingo s’exprime aussi sur le plan technologique, en ce sens qu’elle ne joue pas la surenchère d’aides à la conduite. On pourra trouver un régulateur/limiteur de vitesse, le freinage automatique d’urgence, la reconnaissance des panneaux routiers, les aides au stationnement, mais c’est à peu près tout. Côté multimédia en revanche, pas à se plaindre. Le système connecté est complet, et l’écran tactile est de taille très honnête.

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L'habitabilité
Mis à part le dossier du siège avant droit de la Twingo qui peut se rabattre complètement, l’habitabilité de ces deux véhicules n’a bien sûr rien d’exceptionnel.

Le gimmick : vive les couleurs

Allez savoir pourquoi, une teinte de carrosserie règne dans toutes les catégories de l’automobile : le gris et sa multitude de nuances. Toutes ? Non, car une catégorie résiste encore et toujours. En tout cas deux modèles de cette catégorie : la Twingo et la 500. Du rouge vif, du jaune « qui pète », du bleu pastel, de l’orange plein de vitamines, ces deux-là, au-moins, mettent un peu de gaieté dans les villes.

Les motorisations : l’économie avant tout

En 15 ans d’existence, la Fiat 500 n’a jamais dérogé à sa vocation de petite voiture économique. Les moteurs qui sont ou ont été disponibles vont donc tous dans ce sens. Présent depuis 2007, le moteur essence1.2 litre de 70 chevaux est une valeur sûre. Un moteur éprouvé de longue date, qui brille par sa fiabilité, mais qu’on réservera peut-être à un usage plus ou moins occasionnel. Même remarque pour le 1.0 turbo de 70 ch également, introduit en 2020. À ceci près qu’il a une rage que le 1.2 n’a pas, et offre donc plus de fun. Le 1.4 litre turbo de 100 ch des premières années de production est évidemment plus polyvalent, et sera plus à l’aise si on doit régulièrement l’emmener sur autoroute. Mais notre moteur coup de cœur est le TwinAir, introduit en 2010, qui existe selon les années en 85 ou 100 ch. Pourquoi lui ? Parce que ce petit moteur essence turbo de 900 cc n’a que deux cylindres, comme celui de la 500 originelle. Et sa sonorité identique à celle de son ancêtre est la touche rétro ultime pour la voiture. Et il pousse fort, avec ça. Souci : il est bien plus gourmand qu’annoncé. Puisqu’on parle gourmandise, il y a son contraire, puisque la Fiat a aussi existé avec un moteur Diesel, sorti du catalogue en 2020. Bien sûr, il y a depuis 2020 la Fiat 500 électrique, disponible en version 95ch/185 km d’autonomie, ou 118ch/320 km.

Et n’oublions pas, pour les plus enragés, les tonitruantes versions Abarth, toutes équipées d’un moteur essence 1.4 litre turbo, dont les puissances, selon les années et les versions, vont de 160 à 190 ch. Des petits monstres…

Beaucoup moins de variété chez Renault. La Twingo 3 n’est disponible qu’avec deux moteurs essence 3 cylindres. L’un de 1.0 litre qui, avec ses 65, 70 ou 75 ch, a plutôt vocation à ne pas trop s’éloigner de chez lui, même s’il s’accommode très bien du poids plume de la voiture. Mais le fait est que le moteur 900 cc turbo, décliné en 90, 95 et 110 ch, a un éventail de capacités plus large. Nous dirions même que, sans atteindre le niveau d’une Abarth, la Twingo 110 ch est une très sympathique bombinette. La Twingo aussi existe désormais en version électrique. À la différence de la Fiat, dont les 500 classique et électrique sont très différentes, la Twingo est toujours la même dans l’une ou l’autre version. Lancée fin 2020, elle annonce 82 ch et 190 km d’autonomie moyenne. Pour nous c’est l’une des voitures électriques les plus cohérentes du marché. Et à son lancement, elle était aussi la moins chère, jusqu’à l’arrivée de la Dacia Spring. Ce qui signifie que sur le marché de l’occasion, vous trouverez aussi difficilement voiture électrique plus abordable.

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Sur la route
Deux citadines bien fun à conduire.

Le comportement routier : simple mais fun

Commençons par une vérité universelle de l’automobile : une petite voiture est en général assez fun à conduire. Cette vérité vaut pour la Fiat 500, avec quelques nuances. Sa vivacité dépendra bien sûr du moteur choisi, et le plus répandu (le 1.2 litre essence) n’est pas le meilleur à ce petit jeu. La version électrique est au contraire franchement fun. Cela étant, l’Italienne est toujours très agile, elle aime les changements de direction vifs, et ne fait jamais payer son côté amusant par de l’inconfort. Sauf… pour les versions Abarth. Là, le focus est mis sur l’efficacité sportive et l’ambiance radicale. Conséquence : gérer les ralentisseurs en douceur, on oublie ! À part les Abarth, donc, la Fiat 500 est toujours une chouette voiture de ville, parfaitement conçue pour sa mission, et qui sera en plus prête à vous emmener plus loin, voire vraiment loin, de façon très compétente.

Voilà un domaine où la Twingo profite énormément de son architecture complètement chamboulée. Jamais elle n’a été aussi sympa à conduire. Vive, enjouée, bien plantée sur ses roues, c’est un vrai petit kart, qui se révèle particulièrement en version 110 ch. D’autant, et les connaisseurs le savent, qu’elle a ce feeling si typique des voitures dont le moteur est à l’arrière, et entrainent les roues arrière. Sécurité oblige, les ingénieurs n’ont pas créé une voiture prête à danser du popotin, mais ce début de saveur y est. Enfin, la Twingo est une citadine avant tout. Et là, elle tire son épingle du jeu avec un rayon de braquage absolument remarquable. Les manœuvres de stationnement et les demi-tours dans les petites rues, c’est sa spécialité !

Reezocar a adoré

  • Le look absolument indémodable de la 500
  • Son intérieur souriant
  • La bonne bouille et les influences multiples du design de la Twingo
  • Sa conduite plus sympa que jamais

Reezocar a moins aimé

  • Les places arrière et le coffre de la 500
  • Son moteur de base trop tranquille
  • Les places arrière et le coffre de la Twingo
  • La philosophie Twingo absente (mini encombrement, maxi espace intérieur)

Conclusion

L’une est une éternelle icône du style italien, l’autre est vraiment sympa à conduire et un modèle de maniabilité. Difficile de se décider ? Pour nous aussi, mais l’important est de savoir qu’entre les deux, il n’y a pas de mauvais choix.

 

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