Essai Mercedes Classe A : après la révolution, l’évolution

Écrit par Laurent Zilli le 4 juillet 2022

Partant du constat que la clientèle a largement adhéré à la révolution opérée par la Classe A pour sa troisième génération, Mercedes a continué sur cette voie, et a fait de la quatrième Classe A une voiture encore plus digne de son étoile.

Essai Mercedes Classe A : après la révolution, l’évolution

 

Nous avons déjà abordé dans notre blog la féroce rivalité qui oppose BMW à Mercedes. Cette rivalité explique que malgré un succès assez honorable des deux premières générations, Mercedes avait décidé de tout changer de la Classe A pour la troisième génération. Fini la sorte de monospace exécuté de façon quelque peu maladroite. Place à une vraie compacte !

Le concept : attaque en deux vagues

Selon qu’on regarde la génération 3 ou 4, on identifiera deux concepts différents. Avec la 3, qui marque donc le changement de carrosserie, le concept semble être d’attaquer frontalement la BMW Série 1. C’est ce qui, d’après nous, se dégage de son look assez agressif, et du feeling de conduite. Et considérant le succès rencontré par le modèle, largement supérieur à celui des premières Classe A, on peut dire que l’objectif a été atteint. Cette image jeune et sportive étant installée, la génération 4, autrement dit l’actuelle, a ensuite eu pour concept d’insuffler quelque chose de plus typiquement Mercedes dans la catégorie : du confort, de l’élégance, et surtout un niveau technologique qui surclasse la concurrence. Et là encore, la mission est accomplie.

On retrouve à bord le côté sportif donné par les sièges, le volant et le design intérieur général.

Le design : deux attitudes

Si les allures générales des deux générations dont nous parlons aujourd’hui permettent toujours d’identifier une Classe A au premier coup d’œil, leurs designs respectifs à proprement parler leur donnent des attitudes assez différentes. Trapue, musclée, ramassée et dotée d’un visage très expressif, la Classe A troisième du nom dégage quelque chose de plutôt agressif, en parfait accord avec sa mission de « tueuse de BMW ». Plus douce dans ses formes et dans ses expressions, un peu plus grande, aussi, sa remplaçante se veut plus mature. Face avant, proportions, posture sur la route, la compacte Mercedes gagne encore un peu en statut haut de gamme, tout en conservant une touche d’agressivité bien dosée. Par ailleurs, si ses proportions ont changé, c’est évidemment parce que les exigences des clients, et le monde automobile, ont évolué. La quatrième A est plus longue de 12 cm et plus large de 1,6 cm, ce qui va bien sûr influencer le chapitre suivant.

La voiture devient plus spacieuse, notamment aux places arrière où même la garde au toit a progressé.

La vie à bord : la même, en mieux ?

Nous nous répéterons encore une fois, la troisième Classe A voulait se donner une image à dominante sportive, et Mercedes avait fait ce qu’il faut pour. Sièges « semi-baquet » à appuie-tête fixe, petit volant à revêtement perforé et plat dans la partie basse, décos intérieures en alu, aérateurs ronds… L’ambiance était immédiatement placée. Au volant ou sur le siège passager, on se sent bien. Aux places arrière, c’est moins sûr, car elles sont un brin étriquées. Et côté technologies embarquées, la voiture était une digne Mercedes, sans pour autant forcer le trait.

Avec sa remplaçante, donc, Mercedes refait du vrai Mercedes. On retrouve à bord le côté sportif donné par les sièges, le volant et le design intérieur général. Mais on sent aussi une plus grande volonté de ramener un peu de confort. Déjà, puisque la voiture a grandi, elle devient plus spacieuse, notamment aux places arrière où même la garde au toit a progressé. Le coffre aussi a gagné 29 litres, soit un volume de 370 litres, ce qui commence à devenir intéressant. Mais c’est surtout sur le plan technologique que la Classe A marque le coup. Outre toutes les aides à la conduite et les systèmes semi-autonomes qu’elle emprunte carrément à sa majesté la Classe S, elle peut aussi recevoir ce qui est alors une petite révolution : le système multimédia connecté MBUX (Mercedes-Benz User Experience), à intelligence artificielle. Atout majeur de ce système : des commandes vocales qui ne se limitent pas à des ordres bien spécifiques, préprogrammés. Le MBUX est déjà prêt à reconnaître différentes façons d’énoncer une commande, et apprend en plus à en reconnaître de nouvelles au fil de sa vie commune avec le propriétaire. Et ces commandes vont au-delà du lancement d’un appel téléphonique ou du changement de source audio. C’est à peu près toute la voiture qui est connectée au système. On peut lui dire « J’ai froid aux pieds », « Peux-tu fermer le store du toit ouvrant? », et ainsi de suite. La partie GPS du système est en plus équipée de la réalité augmentée. Au moment d’un changement de direction, la navigation affiche à l’écran l’image de la caméra avant de la voiture, et superpose à cette image une flèche dynamique qui indique par où il faut aller. Redoutable d’efficacité ! Quatre ans après son lancement, le système MBUX est toujours meilleur que tous ceux qui cherchent à l’imiter depuis.

Le coffre a gagné 29 litres, soit un volume de 370 litres.

Les motorisations : du Renault là-dessous

Tout le monde ne le sait pas, mais un partenariat industriel unit Mercedes et Renault. Le constructeur français fournit donc depuis quelques années des « petits » moteurs que Mercedes utilise dans ses gammes compactes. Les moteurs de base essence (122 chevaux) et Diesel (90 et 110 chevaux) de la troisième Classe A sont donc Made in France. Ensuite, Mercedes prend le relais avec des moteurs essence de 136 et 211 ch, et des Diesel de 136 et 170 ch. Pour la quatrième Classe A, même recette. En essence, l’offre démarre avec le 1.3 turbo qui vient alors d’être lancé par Renault, proposé en 110, 136 et 163 ch. Le Français fournit aussi encore le Diesel de base, de 110 et 136 ch. Viennent ensuite les mécaniques Mercedes de 211 puis 224 ch en essence, 136 et 190 ch en Diesel. En 2020, la Classe A reçoit aussi pour la première fois un moteur essence hybride rechargeable (basé sur le 1.3 litre de Renault), qui revendique une puissance totale de 218 ch et une soixantaine de kilomètres d’autonomie électrique.

Enfin, on ne fait pas une voiture à ambition sportive sans version véritablement sportive. Et là, Mercedes a carrément lâché la bête. Pour la Classe A, le célèbre département performances AMG avait créé ce qui était alors (et est toujours), le moteur essence 4 cylindres 2 litres le plus puissant jamais vu, hors voitures de course du moins. Dans la précédente génération, il offrait à la A45 AMG la puissance folle de 360 ch ! Déjà monstrueux. À l’occasion de la mise à jour du modèle en 2015, il est passé à 381 ch. Dans la génération actuelle, il pousse le bouchon plus loin encore, avec 421 ch. On se demande à quoi aura droit la Classe A AMG quand elle sera – très bientôt – mise à jour à son tour. Enfin, sachez que pour l’actuelle génération, Mercedes-AMG a aussi développé une version plus raisonnable, mais néanmoins très performante de la Classe A, la A35 AMG, forte de 306 ch.

Mercedes gagne encore un peu en statut haut de gamme, tout en conservant une touche d’agressivité bien dosée.

Le comportement routier : dé-radicalisation

C’est la dernière fois qu’on vous le dit : l’une était volontairement sportive, la suivante était volontairement plus Mercedes. Et cela se ressent très nettement au volant des deux modèles. Pour tout dire, ça nous a même causé un peu de déception avec la génération actuelle.

Car oui, la Classe A de troisième génération avait tout misé sur le dynamisme. Même en version de base (comprenez sans les suspensions réglables optionnelles), elle était précise, incisive dans les virages, vraiment engagée et engageante. Peu importe qu’on dispose d’un petit moteur ou d’une mécanique plus « sérieuse », les sensations sportives étaient là. S’il était accompagné par les performances d’un moteur plus haut de gamme, tant mieux. Et pas de souci si le confort était un peu ferme, sans jamais être difficile à vivre. C’est avec cette image que nous avions découvert la Classe A actuelle. Et le changement de concept, le retour à plus de confort Mercedes nous avait déstabilisés. Nous nous disions que la Classe A DEVAIT être sportive, puis nous avons plus tard compris qu’elle avait fait son choix, et qu’il était cohérent.

Les suspensions de série sont donc plus ouatées, plus douces, plus ondulantes. Mais si vous mettez la main sur une voiture équipée des amortisseurs réglables optionnels, vous aurez les deux, selon l’humeur du jour. Quant aux moteurs, pas un ne démérite, d’autant que la gamme démarre sur des puissances plus élevées qu’avant, et que la Classe A a perdu quelques dizaines de kg en changeant de génération.

La seule constante entre une et l’autre, ce sont les versions AMG. Quelle que soit la génération, une AMG est radicale, ultra agressive dans son comportement, d’une efficacité absolue, et sans grande considération pour les notions de confort. Elles sont fermes et surtout délicieusement… bruyantes. Tout cela vaut en tout cas pour les versions 45, car la A35 AMG apparue avec la présente génération est bien plus gérable au quotidien, à tous points de vue. Pour nous, c’est un compromis parfait.

Reezocar a adoré

  • Voiture pleine de caractère
  • Les qualités Mercedes dans la catégorie compacte
  • Le niveau technologique impressionnant de la génération actuelle
  • Les versions AMG complètement délirantes

Reezocar a moins aimé

  • L'habitabilité arrière de la génération 3
  • Le côté peut-être trop policé de la génération 4
  • Les boîtes auto associées aux moteurs Renault

Conclusion

Avec ses deux dernières générations de la Classe A, Mercedes a créé ce qu'on peut considérer comme une référence de la compacte haut de gamme. Le succès le prouve. On comprend donc mal les rumeurs de plus en plus insistantes, selon lesquelles Mercedes envisagerait… de ne pas remplacer l'actuelle Classe A.

 

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