Essai Citroën C4 : entre compacte et crossover

Écrit par Laurent Zilli le 21 juin 2022

La C4 compacte classique s'était absentée durant deux ans, laissant le Cactus assurer l'intérim le temps qu'arrive la vraie remplaçante. Ce fut chose faite début 2021, avec une C4 plus Citroën que jamais : tout sauf consensuelle.

Essai Citroën C4 : entre compacte et crossover

Pour tout ce qu’elle a apporté au petit monde de l’automobile, Citroën est une marque qui peut compter sur un fanclub inconditionnel. Mais on peut aimer la marque pour différentes raisons. Soit pour son sens de l’audace esthétique, soit pour ses idées simples mais révolutionnaires, soit pour ses technologies avant-gardistes. Ou encore pour tout cela en même temps. La Citroën C4 a tout cela à la fois.

Le concept : ni simple compacte, ni crossover

Inutile de le rappeler, le type de véhicule qui balaie actuellement tout sur son passage, c’est le SUV. Il eût donc été facile de surfer sur la vague, et de se présenter devant la clientèle des catégories « compactes » avec le énième SUV du marché. Sauf qu’on parle de Citroën, et que Citroën n’a jamais fait le énième quoi que ce soit. Comme toujours quand il est au mieux de sa forme, le constructeur a donc choisi sa propre voie, en créant ce qui s’apparente plus à une voiture, sans pour autant respecter les codes de la compacte, et en la perchant un peu plus haut que de coutume, sans pour autant sortir la carte crossover.

Le design : choquante, puis charmante

Nous avons beau être fans de Citroën et aimer sa traditionnelle audace stylistique, avouons qu’à la publication des premières images de la C4 courant 2020, quelques mois avant son lancement, nous avons eu un moment d’hésitation. Les designers n’étaient-ils pas allés un peu trop loin ? Possible, mais pas plus que n’importe laquelle des Citroën les plus emblématiques, qui n’ont pas toutes fait l’unanimité à leur naissance. Et il s’avère que cette Citroën C4 a le malheur de ne pas être très photogénique. Car elle gagne vraiment à être appréciée « en vrai ». Bien sûr, le télescopage des codes de la compacte classique et du crossover et quelques détails de la partie arrière donnent une voiture étonnante qui peut déstabiliser. Mais pour peu qu’on ait des goûts pas trop conservateurs, on finit par apprécier.

La vie à bord : la petite idée qui fait la différence

L’habitacle est lui aussi typiquement Citroën, entre références au passé et choix à contre-courant des tendances actuelles. Côté références, on pense au volant, dont l’épaisse branche inférieure nous rappelle les volants monobranche des DS, CX et autres XM par exemple. Il y a la commande de boîte auto, qui se résume à un « bouton tirette », astuce reprise depuis par nombre de modèles des marques sœurs DS, Peugeot et Opel. Pour ce qui est à contre-courant, on se tourne vers le tableau de bord numérique. Alors que le marché mise en général sur des écrans de plus en plus grands, celui de la C4 a des dimensions très compactes, mais suffisantes pour afficher tout le nécessaire, sans le superflu. C’est ça, la différence.

L’habitabilité de la Citroën C4 est tout à fait honorable. La banquette arrière pourra aisément accueillir 5 adultes, sans que personne se sente à l’étroit, ni au niveau de la tête, ni au niveau des genoux. En revanche, avouons une petite déception en ce qui concerne le coffre, du moins pour une voiture ayant des prétentions familiales. La malle annonce en effet 380 litres sous tablette, ce qui est légèrement en-dessous de la moyenne.

Pour ce qui est des technologies embarquées, la C4 n’a rien à envier à personne. Sécurité ou multimédia, elle propose tout ce dont on peut avoir envie ou besoin. Certes, la C4 ne brise ici aucune barrière, mais ce n’est pas là qu’elle prend un coup d’avance sur le plan technique, vous le lirez plus loin.

Et pour terminer, il y a la petite idée qui ne révolutionnera pas l’automobile, mais qui fait plaisir. Face au passager, en plus de la boîte à gant, il y a un tiroir de rangement suffisamment grand pour recevoir une tablette. Tablette que l’on pourra fixer au point d’ancrage escamotable. Ce n’est pas grand-chose, ça n’a rien de vital, mais c’est tellement bien pensé, et tellement « génération connectée » !

Les motorisations : avec ou sans « ë »

La Citroën C4 repose sur une plateforme déjà bien rodée par les marques de l’ex-branche PSA du groupe Stellantis. On la trouve en effet sous les Peugeot 208 et 2008, les Opel Corsa et Mokka, et le crossover DS 3 Crossback. La C4 partage donc aussi avec elles son catalogue mécanique, dans lequel il ne manque que des solutions hybrides. Tout le reste y est : essence 100 à 155 chevaux (ch), Diesel 110 et 130 ch, et… la désormais incontournable version 100% électrique. Dans l’ë-C4, le moteur 136 ch est alimenté par une batterie revendiquant 350 km d’autonomie selon la norme WLTP, plutôt autour de 300 km dans la vraie vie. Cette version peut supporter les charges jusqu’à 100 kW, grâce à quoi elle récupère 10 km d’autonomie par minute sur borne rapide.

Le comportement routier : une référence en matière de confort

Peut-être par une certaine « pré-nostalgie » qui anticipe la fin annoncée des vrais moteurs, nous avons tenu à essayer une version Diesel de la C4, ainsi bien sûr que la ë-C4, car nous ne sommes pas complètement rétrogrades. Dans un cas comme dans l’autre, la principale qualité de la C4, qui ressort de façon magistrale, est là encore on ne peut plus Citroën. Vous avez deviné : le confort. Et même un confort supérieur. Il est toujours bon de le répéter : c’est une qualité qu’ont retrouvé toutes les Citroën actuelles, et qui font de chacune une référence en la matière. Des sièges dont la mousse est unique à la marque, à l’amortissement à double butée hydraulique progressive (une exclusivité Citroën), en passant par la douceur de la direction et l’insonorisation, à fortiori en version électrique, la C4 est un pur délice. C’est une caresse ouatée que cette voiture qui ondule sur les mauvais revêtements comme, osons le dire, les voitures d’une célèbre marque allemande étoilée. Ce qui ne signifie pas qu’elle tangue dans les virages comme un porte-container en pleine tempête… ou comme une grande Citroën de la grande époque. Mais il est clair que Citroën a fait un choix très assumé, et que la C4 n’a donc aucune prétention dynamique.

Reezocar a adoré

  • Confort de référence dans le segment et au-delà
  • Autonomie ë-C4 réaliste
  • Qualité de finition
  • Retour des vrais commandes de climatisation
  • Voiture non consensuelle…

Reezocar a moins aimé

  • … mais peut-être trop spéciale pour certains
  • Coffre tout juste dans la moyenne
  • Accessibilité des places arrière perfectible

Conclusion

Nous le disions, la C4 actuelle coche toutes les cases des valeurs traditionnelles qui valent à Citroën un statut à part dans le monde automobile. Son look n'est pas consensuel, elle ne joue pas la surenchère des bidules technologiques, et elle est fidèle au confort légendaire plutôt que de s'engager dans la stérile course à la pseudo-sportivité. Et surtout, elle assume tous ces choix le plus fièrement du monde. À notre avis, André Citroën aurait validé la C4 sans hésitation.

Retrouvez toutes les annonces de Citroën C4 sur Reezocar.

Partager cet article