Renault Scénic : entre sens de la mode et sens pratique

Écrit par Laurent Zilli le 27 juin 2022

Lancée en 2017, l'actuelle (et dernière ?) génération du Renault Scénic avait évolué en profondeur pour coller à l'air du temps. Il a fait des choix, a renoncé à certaines de ses traditions mais en a conservé d'autres, pour finalement rester un véhicule très cohérent.

Renault Scénic : entre sens de la mode et sens pratique

Le succès incroyable du SUV aura décidément tout balayé sur son passage. Grâce à son image cool et différente (surtout au début de la déferlante), il a réduit à néant le marché du cabriolet compact qu’on pouvait utiliser en famille. Et en cumulant cela à une image de véhicule pratique et spacieux, il a aussi peu à peu détourné le public du monospace. Incontournable référence de cette catégorie pendant 20 ans et trois générations, le Renault Scénic a refusé de se laisser oublier. Et pour la quatrième génération, il a fait siens certains ingrédients du succès.

Le concept : entre monospace et SUV

L’actuel Scénic a donc fait en sorte de concilier les atouts d’un monospace avec le pouvoir de séduction d’un SUV. En fait, la transformation est si profonde que le véhicule aurait pu recevoir un nouveau nom de baptême. En même temps, il était encore assez logique pour Renault de capitaliser sur le nom Scénic, bien ancré dans l’inconscient collectif, et synonyme d’une série de qualités qui ont fait le bonheur de tant de familles. L’enjeu était d’offrir à cette nouvelle interprétation du Scénic autant de ses anciennes qualités que possible, tout en s’adaptant à la mode. Sérieux défi !

Son objectif : concilier les atouts d’un monospace avec le charme d’un SUV.

Le design : enfin sexy

Pour ce qui est du design, notre humble avis est que Renault a fait du très beau boulot pour faire entrer son Scénic dans une nouvelle ère. Adieu formes bien rectangulaires qui exprimaient à la perfection tout ce que l’habitacle offrait en termes d’espace, mais n’étaient manifestement plus guère attractives aux yeux du public. La carrosserie du Scénic a donc adopté un profil plus effilé. Le pare-brise prolonge le capot au lieu de marquer une rupture, et toute la cabine est repoussée vers l’arrière. Les surfaces vitrées sont plus fines, ce qui a permis de remonter les épaules du véhicule, pour lui offrir une allure franchement plus athlétique. Et le tout est posé sur des jantes de 20 pouces en série. À l’époque du lancement, c’était une petite révolution pour un véhicule de cette catégorie. Et on se demandait alors si ce choix purement esthétique n’allait pas nuire au confort. On réalisera après essai que… Non, pas de spoil, vous le lirez plus loin. Tout cela pour dire qu’en gros, le Scénic a adopté un look tirant sur le crossover, plus musclé et infiniment plus sexy, il faut bien le reconnaître, que celui d’un monospace traditionnel. Et soulignons enfin que malgré ses 23 cm de plus en longueur et sa face arrière plus droite et plus massive, le Grand Scénic n’est pas moins séduisant. En soi, c’est une belle prouesse de design.

De toutes les générations de Scénic, celle-ci attire le plus le regard.

La vie à bord : concessions

Là aussi, le Scénic entrait dans une nouvelle ère. Car en même temps que le marché automobile cédait à la tendance SUV, il ouvrait la porte à une autre tendance devenue la norme aujourd’hui : tout habitacle qui se respecte doit disposer d’un vaste écran tactile. Le Renault Scénic n’a pas loupé ce train, et l’a même pris en affirmant une certaine différence, toujours typique de la marque aujourd’hui. Ici, le grand écran central est en position verticale. Entre ça et son look crossover (comprenez, à la croisée des chemins), le Scénic est donc parfaitement bien dans son époque. Et même si le monde de la technologie évolue à une vitesse ahurissante, le modèle est toujours agréablement moderne 5 ans après sa naissance. Cela étant, il faut aussi accepter que les tous derniers raffinements en date, comme la connectivité avec une application smartphone, la recharge de ce dernier par induction, ou les commandes vocales intelligentes – pour ne citer que quelques exemples – ne soient pas encore de la partie. En revanche, à peu près rien ne manque côté aides à la conduite, puisqu’en série ou en option, le Scénic peut disposer du freinage automatique d’urgence, de la surveillance d’angle mort, de l’aide active au maintien de voie, des feux de route automatiques, de la détection de fatigue, de la reconnaissance de panneaux routiers, etc.

Cet habitacle se démarque par le grand écran central en position verticale.

Mais emmener le Scénic dans ce nouvel âge de l’automobile ne s’est pas fait sans concessions. Celles-ci concernent l’habitabilité et la modularité, qualités jusque-là indissociables du modèle. Ces choses ont été quelque peu rabotées. Pas de beaucoup, mais quand même. Aux places arrière par exemple, exit les trois sièges indépendants. La place centrale est un peu plus étroite que les autres, et le dégagement aux genoux ne suffit plus à installer un grand adulte derrière un grand conducteur. Cela dit, le Scénic reste largement assez habitable pour la grande majorité des familles. Et le cas échéant, le Grand Scénic résout l’éventuel souci d’espace aux jambes, sans oublier qu’il existe en version 7 places. Bonne nouvelle côté coffre en revanche, sérieusement plus généreux sur les deux versions que dans les générations précédentes. À défaut de retirer les sièges arrière comme on pouvait le faire avant, on peut les rabattre en plusieurs configurations, d’une simple pression sur un bouton placé dans le coffre. Les espaces de rangement sont légion et généreux. On pourra s’offrir une console centrale coulissante dotée d’un très vaste coffret, permettant par exemple de ranger le sac de madame à portée de main, et aux ados assis à l’arrière de recharger leur tablette par prise USB-A. C’est ça aussi, l’évolution. En résumé, le Scénic a gagné en sex-appeal ce qu’il a perdu en espace intérieur. Mais a-t-il perdu pour autant tout sens pratique ? Nous dirions que non.

La deuxième rangée a été pensée pour les familles.

Le coffre est bien plus généreux que celui des versions précédentes.

Les motorisations : rien à jeter

Au fil des années, Renault a proposé le Scénic avec deux moteurs essence (110 et 130 chevaux) et six Diesel (95 à 160 chevaux), dont un assisté par hybridation. Oui, déjà des traces d’électrification en 2017. Il s’agissait d’une des premières micro-hybridations du marché, qui n’avait pas vocation à mouvoir le véhicule en mode 100% électrique, même brièvement, mais à faciliter la tâche du moteur Diesel dans certaines situations pour en réduire encore la consommation. Le gain n’est pas anecdotique, puisque le 1.5 dCi micro-hybride annonce officiellement 3,5 l/100 km (anciennes normes), contre 3,9 l/100 km pour le même 1.5 dCi sans hybridation. Mais à notre avis, l’atout de cette solution dans le Scénic est surtout d’augmenter l’agrément de conduite, notamment en ville. À noter enfin que le Grand Scénic n’a jamais été proposé avec le diesel 95 chevaux (ch) de base, et que d’excellentes boîtes auto étaient proposées avec à peu près tous les moteurs.

Le comportement routier : sans (mauvaises) surprises

La première chose à retenir est que même le moteur 1.2 litre essence 130 ch n’a aucun mal à gérer les quelque 1.400 kg du Scénic, ou 1.500 kg du Grand Scénic. Et si ce moteur suffit à obtenir des performances satisfaisantes, il en va de même avec les Diesel, pour certains moins puissants, mais au moins aussi généreux en couple. Notre seule réserve concerne donc le 1.2 essence 115 ch de base. Il devrait faire l’affaire pour  l’usage quotidien de conducteurs tranquilles, mais montrera plus facilement ses limites si on part en vacances en famille, coffre plein, sur des routes vallonnées. Bref, à chacun de savoir ce qu’il fera de son Scénic.

Enfin, en matière de comportement proprement dit, on est dans la plus pure tradition Renault. On peut certes trouver plus engageant à conduire que le Scénic. Par contre, pas facile de trouver plus confortable. L’insonorisation est remarquable et l’amortissement l’est tout autant… malgré les fameuses jantes de 20 pouces évoquées plus haut. Parenthèse à ce sujet : on pourrait aussi croire que changer des pneus de cette taille soit horriblement cher. En fait, non. Car Renault avait à l’époque passé des accords avec les quatre manufacturiers principaux. Ceux-ci produisent spécialement pour le Scénic des pneus de grand diamètre, mais en même temps assez étroits. Bilan : des pneus pas plus chers que ceux qui chaussent des roues de taille plus classique.

Pour davantage d’espace, il faudra opter pour le Grand Scénic.

Reezocar a adoré

  • Une génération de Scénic enfin sexy
  • Confort supérieur à la moyenne
  • Hybridation simple mais convaincante
  • Taille de coffre record

Reezocar a moins aimé

  • Habitabilité en recul
  • Intuitivité du système multimédia
  • Quelques gadgets électroniques surfaits

Conclusion

En suivant l'évolution pour ainsi dire darwinienne de l'automobile, le Scénic a beaucoup changé. Il a cherché à séduire autant qu'à convaincre, en sacrifiant un tout petit peu de ses qualités pratiques pour s'offrir une allure franchement plus attrayante. Le résultat est un véhicule qui n'est effectivement plus aussi pratique qu'un monospace, mais néanmoins agréable à vivre et cohérent. Est-ce que ça suffit ? Apparemment, non. Car cette génération du Scénic sera la dernière. Renault l'a annoncé : il ne sera pas remplacé. Mais le constructeur a déjà utilisé son nom pour un concept-car électrique. Alors, quelle sera la prochaine métamorphose du Scénic ?

 

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